samedi 31 janvier 2009

Le lézard et le chat...

Un lézard verdoyait pensif sous le jour caniculaire,
Il se colorait immobile s'armant dans les chairs,
fort d'avoir sa queue et son œil autoritaire,
une langue fourchue et des ventouses plantaires...

Un chat qui n'avait sur lui que la faim et ses griffes,
tiraillé par une diète de trente jours et un foie rebiffe,
cherchait grivois, une proie facile pour un khalife,
tant il était dans ce jardin, prince et souverain pontife...

Le lézard avait l'intelligence d'une posture en hauteur,
car sur la branche du manguier il dormait des heures,
à l'abri de l'appétit vorace du gratin des maraudeurs,
se pensant aussi camouflé et emprunt de pudeur...

Le chat souffrait de sa peau qui usait ses os,
la faim rongeait son esprit et taraudait son égo.
Il fouinait le sol jusqu'à lécher la terre entres les pots,
gardant pour tout rang, un reste félin en crédo...

Seulement pourvu de sa première vie sur terre,
le chat manquait d'expérience et de six calvaires,
et bien qu'il monta sur le manguier pour en chasser l'air,
rien ne dit qu'il y fera un repas et de bonnes affaires...

Le lézard qui voit devant et derrière, retourne son monde,
pour sous la branche, capter aussi le pisteur avec ses ondes.
Sachant qu'il allait être chassé tant son instinct le gronde,
il change sa couleur pour s'assurer que tout le confonde...

Le chat est maigre mais reste un endiablé funambule,
flairant la peur, les proies et leurs odeurs qui s'accumulent.
Il avance majestueusement chaque griffe embranchée en calcul,
visant la tige dessus et dessous avec ce qu'elle dissimule...

Le lézard se défend, devenant plus branche que la branche,
le chat s'assoit et semble Extrait de 'Carnet de contes' aux éditions Baudelaire (Sortie en juillet 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)

Aucun commentaire: