Une mangouste fouinait pour se rassasier à Morne Vert,
Elle rampait discrète le nez rasant la terre,
Puis tomba pile en face de son ennemi héréditaire…
Le trigonocéphale était droit, la langue en radar avisé,
Le sang froid et l’œil éclairé, le serpent restait comme tétanisé,
Prêt à tout pour tromper la scène de son état déguisé…
Une guerre venait de se déclarer, celle des regards croisés,
Les deux bêtes s’observaient sans faim et sans bouger,
L’un semblant une branche longue et tachetée,
L’autre un chien de chasse humant et arrêté…
Dans cet affrontement de posture,
Lequel révélera le premier son imposture ?
Le serpent ? Sûr de ses crochets et de son venin ?
Ou la mangouste ? Prête à tout pour un festin ?
Le trigonocéphale siffle soudain un chant qui endors,
Il se contracte lentement comme pour préparer son corps,
Sa tête oscille annonçant sa lance de la mort,
Sa mâchoire s’écarte comme pour bailler très fort…
La mangouste l’assiste immobile, le cerveau cogitant,
Elle attend du serpent Extrait de 'Carnet de contes' aux éditions Baudelaire (Sortie en juillet 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
samedi 24 janvier 2009
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire