mercredi 28 janvier 2009

Le crapaud buffle et la luciole...

Le crapaud n'a pas fière allure surtout quand il est buffle,
il est gras, gluant, et se comporte parfois comme un mufle...

La luciole est une petite reine qui ne pense qu'à sa lumière,
elle danse et virevolte toute la nuit avec l'idée de plaire...

Un soir de bruine, le crapaud est de sortie,
cette même nuit, la luciole brave la pluie...

Le batracien retient sa langue qu'il sait bien pendue,
le jeune coléoptère se pose près de l'obèse inconnu ...

Le crapaud flûte, l'œil humide et semblant endormi
la loupiote s'approche inconsciente et brûlante amie...

Le crapaud dit :

« Approche petite fourmis, j'ai mal aux dents...
cette nuit sans lune m'empêche de voir assez surement.
Pourrais-tu éclairer ma bouche de ton derrière fumant ? »

La luciole rétorque :

« Messire, sachez que rien ne fume de mon séant,
et que pas plus fourmis je suis, près de votre étang,
de plus, croyez que la politesse impose sur cette terre,
un 's'il-vous-plaît' afin que j'illumine votre affaire.

-Oh pardonnez moi répondit le gobeur,
que votre altesse pardonne un vieux baroudeur,
je vis si seul dans ce lac sans profondeur,
j'en oublis les égards dont-usent les seigneurs.

-Voilà une attitude qui sciait enfin à mon humeur, répondit la luciole,
et sachez que ma grâce lueur, n'est pas un feu mais un dos majeur.

-Alors que votre dos en ré ou en mi dans ma bouche éclaire,
que je puisse ôter cette dent qui me joue sa musique guerrière,
et que je retrouve les instruments d'une paix dentaire...

La luciole s'envole et se pose plus près du crapaud véreux...
Être reine n'empêche pas l'ignorance, voyons un peu...

« Êtes-vous de ces bestioles qui mangent tout ce qui vole, s'inquiète la luciole ?

« Point du tout, répondit le batracien,
je suis le crapaud buffle, nom d'un chien!
Plus gros par ses mots que par sa faim... »

La luciole s'approche confiante, sans humer le piège et son grappin...

« Je vais vous rendre ce service Messire,
voyez la clarté que je vous offre en plaisir,
pour vous éviter dans le noir de trop souffrir... »

Mais comme un éclair, la langue Extrait de 'Carnet de contes' aux éditions Baudelaire (Sortie en juillet 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)

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