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mercredi 4 février 2009

La fourmi et la cigale...

Cette fois une fourmi est paresseuse,
de plus, joueuse et fort prêteuse,
au point qu'elle finira un rien charmeuse...

A l'appel du jour, dans la fourmilière,
déjà s'affairent ses cousines ménagères,
puis les sœurs ouvrières qui soulèvent l'air...

Mais cette coquette fourmi ne s'est pas levée,
trop tard s'étant couchée,
fêtant toute les nuits passées...

A quoi bon moutonner la journée ?
Pour une reine qui se fout de l'individualité,
à quoi bon la servir sans jamais chômer...

Non, mieux vaut chanter avec son amie la cigale,
et tant pis pour la diète et les saisons de fringales,
pour les bises et les carences estivales...

Nos deux comparses chantent, les coquines,
sans jamais se soucier de la famine,
le grain bronzé, parées ainsi d'une plus jolie mine...

Ni emprunts, ni mouches et vermisseaux,
juste la fête et les soirées Extrait de 'Carnet de contes' aux éditions Baudelaire (Sortie en juillet 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)

samedi 31 janvier 2009

Le lézard et le chat...

Un lézard verdoyait pensif sous le jour caniculaire,
Il se colorait immobile s'armant dans les chairs,
fort d'avoir sa queue et son œil autoritaire,
une langue fourchue et des ventouses plantaires...

Un chat qui n'avait sur lui que la faim et ses griffes,
tiraillé par une diète de trente jours et un foie rebiffe,
cherchait grivois, une proie facile pour un khalife,
tant il était dans ce jardin, prince et souverain pontife...

Le lézard avait l'intelligence d'une posture en hauteur,
car sur la branche du manguier il dormait des heures,
à l'abri de l'appétit vorace du gratin des maraudeurs,
se pensant aussi camouflé et emprunt de pudeur...

Le chat souffrait de sa peau qui usait ses os,
la faim rongeait son esprit et taraudait son égo.
Il fouinait le sol jusqu'à lécher la terre entres les pots,
gardant pour tout rang, un reste félin en crédo...

Seulement pourvu de sa première vie sur terre,
le chat manquait d'expérience et de six calvaires,
et bien qu'il monta sur le manguier pour en chasser l'air,
rien ne dit qu'il y fera un repas et de bonnes affaires...

Le lézard qui voit devant et derrière, retourne son monde,
pour sous la branche, capter aussi le pisteur avec ses ondes.
Sachant qu'il allait être chassé tant son instinct le gronde,
il change sa couleur pour s'assurer que tout le confonde...

Le chat est maigre mais reste un endiablé funambule,
flairant la peur, les proies et leurs odeurs qui s'accumulent.
Il avance majestueusement chaque griffe embranchée en calcul,
visant la tige dessus et dessous avec ce qu'elle dissimule...

Le lézard se défend, devenant plus branche que la branche,
le chat s'assoit et semble Extrait de 'Carnet de contes' aux éditions Baudelaire (Sortie en juillet 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)

mercredi 28 janvier 2009

Le crapaud buffle et la luciole...

Le crapaud n'a pas fière allure surtout quand il est buffle,
il est gras, gluant, et se comporte parfois comme un mufle...

La luciole est une petite reine qui ne pense qu'à sa lumière,
elle danse et virevolte toute la nuit avec l'idée de plaire...

Un soir de bruine, le crapaud est de sortie,
cette même nuit, la luciole brave la pluie...

Le batracien retient sa langue qu'il sait bien pendue,
le jeune coléoptère se pose près de l'obèse inconnu ...

Le crapaud flûte, l'œil humide et semblant endormi
la loupiote s'approche inconsciente et brûlante amie...

Le crapaud dit :

« Approche petite fourmis, j'ai mal aux dents...
cette nuit sans lune m'empêche de voir assez surement.
Pourrais-tu éclairer ma bouche de ton derrière fumant ? »

La luciole rétorque :

« Messire, sachez que rien ne fume de mon séant,
et que pas plus fourmis je suis, près de votre étang,
de plus, croyez que la politesse impose sur cette terre,
un 's'il-vous-plaît' afin que j'illumine votre affaire.

-Oh pardonnez moi répondit le gobeur,
que votre altesse pardonne un vieux baroudeur,
je vis si seul dans ce lac sans profondeur,
j'en oublis les égards dont-usent les seigneurs.

-Voilà une attitude qui sciait enfin à mon humeur, répondit la luciole,
et sachez que ma grâce lueur, n'est pas un feu mais un dos majeur.

-Alors que votre dos en ré ou en mi dans ma bouche éclaire,
que je puisse ôter cette dent qui me joue sa musique guerrière,
et que je retrouve les instruments d'une paix dentaire...

La luciole s'envole et se pose plus près du crapaud véreux...
Être reine n'empêche pas l'ignorance, voyons un peu...

« Êtes-vous de ces bestioles qui mangent tout ce qui vole, s'inquiète la luciole ?

« Point du tout, répondit le batracien,
je suis le crapaud buffle, nom d'un chien!
Plus gros par ses mots que par sa faim... »

La luciole s'approche confiante, sans humer le piège et son grappin...

« Je vais vous rendre ce service Messire,
voyez la clarté que je vous offre en plaisir,
pour vous éviter dans le noir de trop souffrir... »

Mais comme un éclair, la langue Extrait de 'Carnet de contes' aux éditions Baudelaire (Sortie en juillet 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)