samedi 24 janvier 2009

Le vieux coq et le coquelet...

Un vieux coq régnait sur son poulailler en sage volatile,
les poules étaient toutes disposées et lui rendaient les choses faciles,
Il ne connaissait pas la vanité et restait toujours docile...

Le paysan aimait son coq, et lui achetait trois poules chaque année,
il passait de longues heures à faire du poulailler un endroit rêvé,
en récompense, ses poules pondaient trente œufs par matinée.

Le coq chantait ses bons airs le matin, puis fouillait le sol jusqu'au soir,
il comptait vingt poules qui caquetaient, mais aucun poussin à faire valoir,
il était riche de son savoir, mais pas fortiche pour assumer ses devoirs...

Le paysan savait son coq trop vieux pour assurer le gîte,
et de ce fait, pas un poussin ne verrai le jour où il habite,
il décida alors de trouver un jeune coq pour féconder très vite.

Il est vrai qu'au fil des ans, le vieux coq par le bec s'était empâté,
pas un renard en Martinique à courser les nuits éclairées,
tout juste quelques mangoustes facile à repousser...

Un matin, le paysan rapporta du marché un beau et jeune coq ébouriffé,
il posa la bestiole au milieu de la basse-cours puis s'en alla charmé.
Les poules étaient toutes aussi émoustillées par l'arrivée du mâle musclé...

Le jeune coq paradait le col monté, prêt à s'approprier le poulailler,
il hurlait des chants à répétition comme un ténor bien maquillé,
et s'approcha du vieux coq, sûr que sa jeunesse faisait priorité...

Le vieux coq avait l'œil grand ouvert, la plume hérissée et la patte levée,
le coquelet lui adressa un message bien mal chanté :

« Je me dois de vous informer mon cher, qu'à cet instant, je règne sur votre cours,
et que les poules comme le blé semé, me reviennent par mes atours,
je daigne toutefois sans détour, vous laisser un nid de poule au fond de ma cour.

« Vous m'en voyez ravi, répondit le vieux coq, vos égards et votre attention m'honore,
et sans plus gêner vos contours, je vous suis gré de me laisser, chez moi, un décor,
rien ne me sera plus agréable que ce beau décret et ce sûr accord. »

« Point besoin d'écrire votre soumission, répondit le coquelet en foire,
je ne montrerai ni mes griffes ni mon bec, vous, restant au fond de votre isoloir,
mais n'en sortez que pour m'écouter chanter, le matin comme le soir... »

Le vieux coq avait su contenir Extrait de 'Carnet de contes' aux éditions Baudelaire (Sortie en juillet 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)

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