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mercredi 18 février 2009

La poule et le cabri...

Une poule embourgeoisée par ses acquis,
Se moquait sans cesse par des mots aigris.
Elle se gaussait tant des autres sous son abri,
Qu’elle s’en trouvait fort belle et bien naquis…

Rien ni personne passait au travers de sa verve,
Au point que dans la ferme, tous s’en préserve,
Et par une affable discrétion, évitaient cette acerbe,
Son joug critique, ses formes, et ses adverbes…

Voilà la pimbêche, donc, journal parlé de la tour,
Usant de vils qualificatifs pour chaque animal autour,
Trouvant comme public ses cousines sans atours,
Qui picoraient chaque mot trublion comme blé du jour…

Pour la savante foreuse, cochon se mariait avec canard,
Chèvre courait chien, et âne était plus têtu que l'avare.
Bref, l’exploitation était repeinte sans gentils égards,
Toujours esquissée vers le grotesque et la plus basse cour…

Mais depuis le pré, veillait un vieux cabri sans allure,
Lui avait tout connu du jeu de fermes et de culture,
Si bien qu’il en était devenu sage et de bonne augure,
Et que les animaux agacés, lui réclamèrent contre-mesures…

Et bien soit, déclama le vieux briscard, cela est trop,
Je m’en vais éteindre le feu Extrait de 'Carnet de contes' aux éditions Baudelaire (Sortie en juillet 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

mardi 10 février 2009

Le vieil âne et le maître...

Ce bon bourricot venu de si loin pour les cannes,
Passa sa vie à charrier les tiges sans aucune manne,
Tantôt frappé par un guerrier spolié de son âme,
Tantôt disgracié par le colon et toutes ses trames.

Quel bon esclave ce vieil âne exporté,
Qui tirait le sucre dans sa charrette toute l’année,
Sans hennir, à peine trouvant le manger.

Mais quand fut venue l’abolition des charretiers,
Le maître lui brûla son outil et ses paniers,
Puis le réforma au pré sans même le remercier…

A voir son planteur grossir de ses biens,
L’âne se morfondait dans les besoins,
Vivant sa grâce liberté sans partages entretiens…

Mais le colon au pire parvenu, affûta ses épargnes,
Charmant l’anglais pour repousser le franc en hargne,

Puis sauva sa tête malgré qu’il fut brigand,
Sans crimes et terreurs, jugés par les entrants,
Restant ici, à s’adjuger les terres en bon négociant…

Les ânes eux, se regroupaient dans leurs éducations,
Mourraient en peine ne transmettant que l’abdication,
forçant d’être plus âne encore leurs aseptisées générations…

L’âne a gagné d’être l’ouvrier de son maître-canne,
Avec pour tout salaire rogné, une maigre manne,
Reversée sans calcul aux mêmes employeurs qui ricanent…

Le temps est passé, fort de la France et des misères,
De Victor Schoelcher au regretté Aimé Césaire…

Mais les frelons ici encore tiennent l’usine,
S’assurent la maison, l’alimentation et les mines,
L’argent, les biens, et depuis cent cinquante ans s’affinent…

Quels braves bourricots ces éduqués âne-bâtés,
Esclaves de la fonction, du rhum et de leurs passés…
Montrant toujours le dos Extrait de 'Carnet de contes' aux éditions Baudelaire (Sortie en juillet 2009)

TEXTE DE JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)