Toi Mathilde qui connaît toutes mes averses,
Qui de moi sait tous les chemins de traverse,
Toi qui joua de mes faiblesses et de mes atouts,
Toi qui fut moins fidèle que mon vieux toutou,
Viendras-tu seulement à mon enterrement ?
Et toi l’Emile devant mon corps détendu,
Qui partagea mes jeux les plus défendus,
Toi qui profita de mes hardiesses sans le sou,
Toi qui fut plus fidèle que mes tendres doudous,
Viendras-tu seulement à mon enterrement ?
Et toi Clotilde qui usa mes pensées perverses,
Qui de l’amant n’attendait que la renverse,
Toi qui souleva mes forces plus que tout,
Toi qui me fut infidèle au moindre sou,
Viendras-tu seulement à mon enterrement ?
Et toi Pierrot devant mon âme partie en volée,
Qui de moi jalousait la moindre fille convolé,
Toi qui me haïssait d’un sourire voyou,
Toi qui fut mon ennemi et mon garde fou,
Viendras-tu seulement à mon enterrement ?
Et toi Clara qui pleure sur mon corps disparu,
Qui du frère ne savait rien même pas qu’il fut,
Toi qui voyais en moi l'esprit malsain,
Toi qui fut si absente les jours sans pain,
Viendras-tu seulement à mon enterrement ?
Et toi Anselme mon bon et pauvre éditeur,
Qui de moi voulait les sens et le cœur,
Toi qui me paya si peu et me doit encore,
Toi qui fut le seul à défendre mes torts,
Viendras-tu seulement à mon enterrement ?
Et puisque Dieu daigne à me laisser entrevoir,
Mon corbillard qui tente une percée dans le noir,
Alors je ne puis compter que quatre pattes en tout,
Celles de mon seul ami, mon vieux toutou…
Partir avant son chien est une sale histoire…
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

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